Jour 1 – La cité des Anges

Hi everyone !

Nous voici sur le sol américain, prêts à en découdre ^^ !

Premier jour de visite à Los Angeles en compagnie d’un guide de choix, le célèbre John (mon frère ^^) et de sa compagne Gwadalupe, qui nous ont concocté un programme sur mesure :

– Griffith observatory (point de vue sur LA et la colline Hollywood, comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessus)

– Walk of fame (la rue avec les étoiles aux noms d’artistes)

– Bervely Hills (le quartier chic)

– Santa Monica et Venice Beach (deux plages mythiques à l’image des séries américaines avec sable fin, joggers, bikers, skatters et rollers).

Nos premières impressions de la côte ouest sont donc vraiment positives. Le soleil est au rendez-vous et la vie fourmille. Nous avons été particulièrement surpris par les différents styles et cultures qui s’entremêlent dans un joyeux « melting pot ».

Ce soir, nous avons fêté l’anniversaire dudit guide (32 ans déjà !) avec crustacés au menu. Le restaurant était très sympa avec une ambiance cosy et une vue donnant sur une marina.

Demain, nous rentrons dans le cœur d’Hollywood avec la visite des studios Universal.

See you very soon,

ps : un super joyeux anniversaire au petit Kezyan, le 21 août est décidément une date qui compte ! ^^. On espère qu’il profitera comme il se doit de cette journée…

Jour 2 – 3,2,1 … Moteur ! Action !

Nous voici sur la route vers Palm Spring après une journée mouvementée :

Nous avons commencé celle-ci en montant à bord du Poudlard Express, direction la plus célèbre école de sorciers, sur les traces d’Harry Potter.

Nous sommes ensuite partis à la découverte du Jurassic Park au volant d’une jeep, et croisé quelques T-rex et autres vélociraptors.

Nous sommes alors tombés en rade, et avons dû faire face à des hordes de morts-vivants (« the walking dead »), assoiffés de sang, au sein d’un monde plongé dans le chaos.

Après une période d’errance, nous avons réussi à rejoindre la civilisation et atterri à Springfield, où nous avons été hébergés chez un couple sympathique mais un peu loufoque, prénommé Homer et Marge Simpson.

Comme vous l’avez deviné, nous avons passé la journée en immersion dans les studios hollywoodiens où nous avons pu découvrir l’envers du décors, notamment à travers une visite guidée des lieux de tournage de films mythiques, avec des démonstrations d’effets spéciaux. Nous avons été particulièrement surpris par la mise en animation et le réalisme de ces mises en scène.

Après cette deuxième journée marathon, il a été l’heure de prendre notre envol sans filet en direction du grand ouest américain. Nous avons donc récupéré notre voiture avant de faire nos adieux à nos chaleureux hôtes.

A peine partis, nous avons connu notre première péripétie : le gps avait décidé de nous jouer des tours en nous demandant un mot de passe que nous n’avions pas. Et alors… Super nana a dû entrer en action pour appeler le service client, in english of course, pour essayer d’expliquer et de résoudre la situation. Heureusement, elle a par miracle réussi à se faire comprendre et le gps a pu être débloqué à distance… Ouf ! Finalement, épuisés et soulagés, nous avons regagné notre première chambre d’hôtel à Palm Spring, ville de transition avant la visite de notre premier parc naturel demain.

La nuit va être bonne…

Et… Coupez !!

Jour 3 – Cactus, roches, coyotes et compagnie …

Après le tumulte de Los Angeles, se retrouver seuls au milieu du désert… Nous franchissons le check point des rangers de Joshua Tree Park et disons adieux à toute forme de vie humaine. Nous roulons dans une immense étendue composée de cactus et de roches. D’ailleurs, c’est parmi ces dernières que débutera notre aventure. Nous nous lançons dans un trail nommé Skull Rocks qui mettra à l’épreuve nos compétences d’escaladeurs. Nos efforts seront vite récompensés par le plaisir de se faufiler entre ces différents amas escarpés et par la découverte de panoramas grandioses au sommet. Il est à présent déjà l’heure de penser à trouver un lieu où passer la nuit. En effet, le principe du camping « first come, first served » (premier arrivé, premier servi), cher aux américains, nous oblige à anticiper notre recherche d’emplacement. Après nous être rendus compte que le camping Black Rock qui disposait d’un minimum de confort (toilettes et point d’eau) n’était pas accessible par notre itinéraire, nous nous sommes rabattus sur un camping d’un standing quelque peu inférieur… Comprenez par-là : pas d’accueil, pas de douches, toilettes sèches, pas de point d’eau. Après quelques kilomètres, nous arrivons donc à « l’entrée » dudit camping, matérialisé par… une boîte aux lettres. A la vue d’enveloppes dépassant de celle-ci, nous comprenons que notre seul interlocuteur sera une petite feuille de papier. Le principe est le suivant : trouver une place disponible, noter sa référence sur la feuille ainsi que notre numéro d’immatriculation, insérer un billet dans l’enveloppe (business is business) et la remettre dans la boîte aux lettres. Nous n’avons pas mis longtemps à trouver notre lieu, tant le cadre du camping et les vues offertes depuis les différents emplacements étaient superbes. Notre point de chute réservé, nous repartons de plus belle vers deux nouveaux trails. Pour commencer, Kiews View, qui constitue un gigantesque panorama sur une grande partie du parc. Par la suite, nous revenons autour de notre résidence secondaire, avec un trail qui propose de découvrir les alentours de notre camping. Le lieu s’appelle Hidden Valley, et se compose de roches plus imposantes encore que les précédentes, aux couleurs sable et ocre. Le soleil commençant à décliner, nous décidons d’aller installer notre tente. Surprise à notre retour : nous constatons que des guêpes avaient élu domicile avant nous au même endroit. Bien trop nombreuses pour les deux citadins que nous sommes, nous battons en retraite vers un emplacement un peu plus loin. La tente enfin montée (épreuve réussie avec brio ^^), nous profitons des derniers rayons de soleil pour escalader un des sommets rocheux les plus élevés aux environs. Après avoir crapahuté, un paysage à couper le souffle s’ouvre à nous sur le sommet. Nous restons quelques minutes à profiter de celui-ci, avec une lumière et des couleurs qui ajoutent une pointe de magie supplémentaire à cet instant. Mais déjà la nuit arrive et nous ne serions pas contre un brin de toilette (chasser le naturel …). Pour ce faire, nous optons pour un jacuzzi dans des sources naturelles d’eau chaude… Hum non il ne faut pas rêver, ce sera douche improvisée en maillot de bain avec un bidon d’eau de 9 litres que nous poserons en hauteur sur un rocher. La chair de poule sera au rendez-vous, mais le moment sera déjà mémorable.

Tout propre, nous dégustons quelques fruits afin de ne pas dormir le ventre vide. La nuit a désormais recouvert tous les paysages mais nous offre un nouveau spectacle à travers un immense voile étoilé. Nous restons là, immobiles et silencieux, à l’observer.

Notre coucher sera marqué par un puissant concert de cris de coyote perçant le grand silence de ce parc.

Ce même concert se reproduira à l’aube et nous sortira de notre sommeil.

Nous sommes un peu cassés en quatre avec nos tapis de sol (dont l’épaisseur laisse à désirer) mais enchantés par l’expérience que nous venons de vivre.

Elle se conclura par un magnifique lever de soleil accompagné de la visite de levreaux au moment de laisser ce lieu chargé de souvenirs.

ps: l’album photos des états-unis est déjà ouvert (n’hésitez pas à y jeter un coup d’œil ^^)

Jour 4 – Haute voltige

Reprise de la route au milieu du désert vers Mojave National Preserve. Le parc est moins connu que Joshua Tree, et cette fois il n’existe même pas de check point à l’entrée. Le lieu est désertique (nous croiserons en tout et pour tout deux couples de touristes dans la journée) et tout aussi magique que le précédent. Toujours sous la même chaleur écrasante (45 degrés), nous ferons deux trails dans ce décors de cactus (plus abondants qu’à Joshua), roches sculptées et montagnes en arrière plan. Nous aurons, au cours du second trail, l’occasion de pratiquer une nouvelle session escalade forte en sensations. Après cette nouvelle journée bien remplie, nous dormons dans un petit motel typique du far ouest américain, au sein de la ville de Williams, traversée par la célèbre route 66. On apprécie de retrouver un peu de confort (une vraie douche c’est quand même pas mal !… Et un vrai lit aussi d’ailleurs).

Un lit ?! Ah, il nous appelle je crois… Good night everyone ^^.

Jour 5 – Le grand frisson…

Le jour J est arrivé, nous partons à la découverte d’une des 7 merveilles naturelles du monde, nous avons nommé : le Grand Canyon ! Nous nous attendons à de beaux paysages mais restons sur nos gardes, étant donné tous les superlatifs utilisés pour le décrire. Nous craignons la déception… Une chose est sure, le Grand Canyon ménage le suspens. Nous traversons des plaines désertiques, puis des forêts interminables. Jusqu’au bout, il sera difficile de croire que nous nous trouvons à proximité d’un site géologique d’une telle envergure. Avant toute chose, nous commençons par l’aspect pratique : l’arrivée dans notre camp et le montage de notre tente. Ceci fait, il est grand temps de lever le voile sur ce mystère. Souhaitant allier découverte et aventure, nous optons pour un trail longeant la rive sud du Grand Canyon sur 18km (jeunes et insouciants ^^). Nous prenons donc la navette touristique jusqu’au point de départ (à l’extrémité ouest). Nous réprimons l’envie de regarder par la fenêtre pour préserver encore un peu plus l’effet de surprise… La navette s’arrête, nous ne pouvons plus reculer : il est temps d’affronter la bête ! Nous faisons quelques pas dans sa direction. Alors, instantanément, la beauté vertigineuse du lieu nous gagne. Les mots nous manquent pour décrire cette immensité aux allures marsiennes. Ce Grand Canyon apparaît comme la plus belle chose qu’il nous ait été donnée de voir. L’étonnement passé, nous partons pour notre trail tout en surveillant l’heure, car nous sommes déjà à la mi-journée. Nous avons un bon bout de chemin à faire et ne voulons pas manquer le coucher de soleil donnant sur un point de vue bien précis. Dès les premiers mètres, nous mesurons la chance que nous avons de pouvoir marcher le long de ce tracé. En effet, nous avons emprunté un chemin hors des sentiers battus qui nous mènera sur les bords escarpés de la falaise, au plus près du vide abyssal. Nous pesons bien nos mots, nous avons plusieurs fois posé nos pieds à quelques centimètres du précipice (moments riches en sensations !). La tentation est de fait importante d’immortaliser ce gouffre majestueux et c’est d’ailleurs ce que nous ferons à de très nombreuses reprises. Mais déjà le soleil décline après environ 6km de marche et il est temps de rejoindre le point de vue cité précédemment. Les recommandations nous ayant conduit vers ce lieu n’étaient pas trompeuses. Les derniers rayons de soleil mettent en exergue de façon spectaculaire les couleurs ocres et rougeâtres du canyon. Nous figeons une nouvelle fois le temps, en prenant quelques clichés de funambules que nous avons été l’espace d’un instant, emportés par l’hypnotisme des profondeurs de cette nature. La nuit ayant fait son apparition, nous regagnons notre campement des images plein les yeux. Celles-ci mêmes qui nous tiendront un temps éveillés au moment de trouver le sommeil.

Jour 6 – Grand Canyon, suite et fin

Pas effarouchés par nos acrobaties de la veille, nous avons un nouveau rendez-vous qui s’annonce encore plus palpitant. Nous prenons la route à une heure bien matinale pour pouvoir profiter du spectacle des couleurs au soleil levant. Mais cette fois, nous allons adopter un point de vue bien différent en prenant un peu de hauteur. Nous y sommes, ceintures bouclées et casque sur les oreilles, ne détectant plus que les vrombissements de l’appareil. Les hélices tournent à présent à plein régime et nous nous élevons lentement au-dessus du sol. Nous traversons de longues forêts de pins, avec une vue imprenable sur la cime des arbres. Mais le plus impressionnant reste à venir. Nous décelons au loin les contours du Grand Canyon. Quelques minutes plus tard, nous voici plongé dans les entrailles de ce dernier. Le point de vue est vraiment spectaculaire et complètement différent de celui au sol. Nous resterons suspendus dans le ciel environ 45 minutes avant de revenir sur la terre ferme. Waouh… quelle expérience, nous aurions été déçu de passer à côté (même si notre portemonnaie aurait été bien plus garni).

La journée ne fait que commencée et nous avons encore un challenge à boucler, le trail de la rive sud. Nous reprenons notre chemin ou il s’était arrêté (6ème km) et avançons d’un pas déterminé. Les points de vue sont toujours aussi bluffant. Nous regrettons cependant quelques parties goudronnées qui n’ont pas le même charme que notre cher sentier abrupt. Nous finirons par atteindre le bout du trail, et commencerons à montrer des premiers signes de fatigue.

Cela tombe bien puisqu’il sera temps de prendre la route et de dire adieu à ce lieu qui honore si bien son titre de merveille naturelle.

Nous roulons donc vers Page en directions de nouvelles aventures.

Jour 7 – Et la lumière fut !

La nuit passée à Page, nous commençons notre journée sur les chapeaux de roues (pour changer ^^). Nous voici partis pour la visite d’Antelope Canyon. Deux parties de ce canyon peuvent être visitées (partie « Lower » et partie « Upper »). Nous avions réservé ces deux excursions à la suite. Il est 8:30, le soleil est déjà brulant. Nous avons hâte d’entrer dans le canyon et espérons pouvoir y trouver un peu de fraîcheur. 8:50, la visite commence. Notre guide est très sympathique. Il nous mène à pied vers l’entrée du Lower Antelope Canyon, qui débutera par une descente au moyen d’échelles jusqu’au fond de celui-ci. Nous foulons à présent le sol sableux et voyons se dessiner devant nous un sillage délimité de part et d’autres par les parois étroites du canyon. Ces dernières réfléchissent les rayons du soleil et laissent ainsi entrevoir une grande palette de couleur (rouge, orange, jaune, doré, et même des nuances de bleu et de violet). Le spectacle est là encore au rendez-vous. Nous sommes impatients de poursuivre l’exploration. Les prochains mètres seront plus impressionnants encore. Nous finissons cette balade enchantés par ce que nous venons de voir. Nous ne sommes pas mécontents de savoir que nous allons pouvoir prolonger ce plaisir en enchaînant avec la visite du second canyon. Ce dernier, bien que différent du précédent, se révèle tout aussi plaisant. La journée sera complétée par une balade et quelques prises de vue du « Horseshoe Bend », fer à cheval en français, représenté par une portion du canyon formant un arc de cercle rempli de l’eau du célèbre fleuve Colorado.

Jour 8 – Plouf !

Nous pensions enfin passer une journée plus « ordinaire » avec une simple baignade dans le lac Powell. Rien n’avait été réservé ni prévu, donc pas de folies à l’horizon ^^. Souhaitant tout de même pimenter un peu la chose, nous nous essayons à une nouvelle activité : le paddle (cf vidéo). Nous nous présentons donc dans une agence spécialisée le jour-même. Nous tombons sur des personnes très sympathiques qui prennent le temps de nous initier en quelques gestes à ce sport. Ce que nous ne savions pas, c’est que nous allions devoir composer avec d’autres engins flottants. Si les premières sensations sur nos planches sont bonnes, le passage de bateaux et de scooters des mers et les vagues qui en résultent mettent à l’épreuve notre équilibre. Et voilà le premier plouf de la journée ! Après une vague plus grosse que les autres, Anna est à l’eau ^^. Mais il en faut d’autres pour nous arrêter, d’autant plus que nous apercevons au loin une branche du lac dans laquelle le balais de bolides auquel nous assistons ne semble pas se produire. Effectivement, c’est bien le cas, d’ailleurs le calme nous aide à prendre la mesure du lieu. Nous sommes au beau milieu d’un canyon et les premiers lacets sont impressionnants et reposants. Espérons que cela dure… Et, finalement, ça va être…de mieux en mieux ! Une journée ordinaire qui se transforme donc en énorme surprise. Nous sommes une nouvelle fois seuls dans un endroit spectaculaire. Les parois du canyon sont superbes, d’un rouge rappelant Antelope Canyon, et se rétrécissent au fur et à mesure, rendant la vue encore plus belle et notre balade plus palpitante. Nous la finirons au bout de 5 heures et mettrons les voiles vers une nouvelle destination à découvrir dans notre prochain post. Finalement, cette journée s’est encore révélée riche en découverte et sensations nouvelles… On ne sait pas vous, mais nous, on a hâte de voir ce que la suite nous réserve !

Jour 9 – West Mitten Butte & East Mitten Butte

Toujours dans la zone indienne, nous ne pouvions quitter celle-ci sans passer par le lieu le plus mythique de ce peuple : Monument Valley. Il s’agit d’un paysage largement repris comme décor des western américains. L’environnement est dominé par un sol de terre rouge et sableuse, et surmonté par 3 rocs monumentaux (d’où le nom en version originale ^^). Pour apprécier cet endroit, nous avons décidé d’assister au coucher de soleil ainsi qu’au lever de celui-ci. Toujours soucieux d’être aux premières loges dans les grands lieux de notre périple, nous avons une nouvelle fois eu recours au combo sacs de couchage + tente (le montage est de plus en plus rapide !). Nous ne pouvions pas être plus près de ces immenses rocks, même si nous avons regretté une promiscuité importante (seulement 2-3 mètres entre chaque emplacement de tente), surtout pour nous qui avons pris goût à la solitude dans ce voyage. Le coucher de soleil est splendide, accentuant la couleur rouge déjà dominante. Là encore nous nous sentons un peu trop entourés par le grand nombre de curieux (comme nous ^^) attirés par le spectacle. Cela mettra un (tout) petit bémol à notre expérience. Nous ne sommes pas refroidis pour autant à l’idée d’assister à un autre de ces instants magiques et nous donnons rendez-vous à l’aube. Le réveil sonnera tôt, très tôt, mais le jeu en vaudra la chandelle. Finie la foule, place à un tête-à-tête avec les premiers rayons qui révèleront une fois encore la splendeur de ce lieu, et qui nous réchaufferont doucement pour nous sortir de notre sommeil. Souhaitant profiter de la fraîcheur matinale, nous nous lançons dans un trail (6 km), nous conduisant autour de ces géants qui nous ferons nous sentir minuscules.

Jour 10 – Trail endiablé !

Finies les peaux rouges, nous partons plus au nord en quête d’arches rocheuses. Nous arrivons dans la ville de Moab relativement tôt dans la journée et en profitons pour planifier le lendemain dans le Arches National Park. Nous apprenons que certains sentiers sont fermés à notre grand regret, mais identifions un long trail qui semble valoir le coup. Seul le nom porte à interrogation : Devils Garden trail (trail du jardin des démons). Que nenni, nous sommes décidés à relever le défi ! Après une nuit toujours aussi courte (6h environ, pour profiter de nos journées), nous voici au niveau du panneau de départ de notre cher trail. 12 km sont annoncés avec des portions complexes. Nous sommes aussi mis en garde contre la chaleur et le risque de déshydratation. Nous rappelant à notre bon souvenir de la randonnée effectuée dans le Grand Canyon, nous partons avec 1l d’eau (qui nous avait suffit pour un trajet d’une longueur similaire, et oui, nous sommes deux chameaux !). Pour information, il fait 40 degrés à l’ombre, et au moment de notre départ le ciel est plutôt nuageux. Les premiers kilomètres sont géniaux, nous devons escalader des rochers pour suivre un sentier surplombant le complexe rocheux dans lequel nous nous situons. Nous sommes emballés par ces débuts et avons hâte de poursuivre. Nous croisons plusieurs arches creusées dans le roc et prenons le temps de les immortaliser. Nous voici à la moitié de notre trail. Petit problème, nous sommes perdus. En effet le balisage laisse à désirer et nous nous rendons compte que nous avons escaladé une longue portion abrupte sans issue. Après avoir tourné en rond un petit moment, nous trouvons finalement notre chemin. Cependant, un autre petit problème se profile à l’horizon. La seconde partie du trail (la plus compliquée bien entendu ^^) reste à réaliser, et nous n’avons plus qu’un fond d’eau dans notre bouteille. Pour corser l’addition, le soleil est à son zenith depuis un petit moment et plus un seul nuage n’est présent pour nous soulager. La chaleur est vraiment suffocante… Au vu de la quantité d’eau restante, nous nous restreignons à trois gorgées d’eau chacun pour nos prochains kilomètres, afin de limiter la sensation de déshydratation (notamment au niveau des lèvres et de la gorge). Malgré tout cela, nous maintenons une allure soutenue pour ne pas s’éterniser dans ce brasier. Après d’éprouvants derniers kilomètres (notamment un certain nombre dans le sable), nous parvenons à regagner l’arrivée en pleine forme (cf photo). Nous nous jetterons sur les bidons d’eau à l’arrière de notre coffre (l’eau chaude n’a jamais été si bonne !) et reprendrons un peu d’énergie avec quelques fruits. Nous prenons pleinement la mesure de ce que le nom du trail impliquait, mais comme vous le voyez, nous sommes sortis indemnes de la fournaise démoniaque. A demain donc pour de nouvelles aventures ! Ps : pas d’affolement, nous avons retenu la leçon et prendrons au moins…2 litres d’eau la prochaine fois ^^^^

Jour 11 – L’amphithéâtre

Quelque peu reposés de nos péripéties de la veille, nous prévoyons déjà de nous remettre en selle (il ne faudrait pas que les jambes perdent le rythme !). Nous mettons le cap sur un nouveau parc : Bryce Canyon. Nous jouons tout de même la carte de la prudence en choisissant un trail plus court (6 km), avec des réserves d’eau plus conséquentes. Le tracé de cette randonnée nous fait longer les falaises de ce que l’on appelle « l’amphithéâtre » du parc. Il s’agit d’un décor entièrement naturel façonné par l’eau et la glace, qui au fil du temps ont donné naissance à des colonnes aux couleurs rouges, oranges ou blanches. Entres elles, des collines de sable fin dans des tons similaires, et au loin des montagnes. Le trail est sans commune mesure avec celui d’hier. La température est plus supportable (30 degrés) et les nuages, ainsi qu’un petit vent intermittent, viennent adoucir le tout. Néanmoins, la seconde partie se corse légèrement avec des dénivelés plus importants. En effet, un sentier nous fait descendre depuis la falaise jusqu’au coeur de l’amphithéâtre. Nos efforts sont payants, car l’observation des colonnes depuis leurs fondations nous ravie. La remontée est un peu plus sportive, mais nous nous en sortons sans trop de difficulté. Ce parc méritait bien le détour mais une longue route nous attend (4h30) et nous ne nous attarderons pas jusqu’à la fin de journée.

Jour 12 – Faites vos jeux !

Nous sommes à Las Vegas, ville de transition vers notre prochain parc. Nous allons en profiter pour prendre un peu de repos (pas de lever à l’aube pendant deux jours !) et pour recharger les batteries. Nous n’allons pas rester inactifs (vous vous en doutez) et avons prévu une journée shopping dans l’un des plus grands outlets de la région. Nos jambes ne devront donc pas faiblir ! En effet, nous avons fait quelques emplettes et donc beaucoup de kilomètres dans la journée, mais aussi dans la soirée, pour « visiter » Las Vegas à pieds (la circulation en voiture est infernale). La ville est comme vous vous en doutez…démesurée. Le festival de lumières, de bruit, de monde, de buildings, etc. est épuisant. Où sont nos chers parcs nationaux ?! Nous n’avons tout de même pas échappé à la découverte des casinos les plus célèbres : le Bellagio, le Caesars Palace, le Venetian, le Wynn ou encore le MGM. Ce sont en réalité de véritables villes, qui tiennent plus du labyrinthe que d’une salle de jeu, faisant à la fois office de casino/hôtel/galeries marchandes/piscine et même parfois bassin à gondoles (si, si, on trouve tout et n’importe quoi à Vegas). Nous ne pouvions partir de cette ville sans avoir tenté notre chance au jeu : nous nous étions fixés une enveloppe de 500 dollars (environ 450 euros), comme mise pour la soirée, qui est rapidement partie en fumée. Bien sûr vous devez deviner que cela n’est que fiction, deux économes comme nous n’auraient jamais eu cette audace ! Nous avons bien joué, mais timidement, avec une mise de 20 dollars, et n’avons finalement perdu que 2 dollars. Tout ceci grâce à mon intervention, car Julian n’a pas connu sa soirée la plus chanceuse ^^ Bref, le jeu n’est pas notre fort, mais que voulez-vous, nous sommes heureux en amour… Nous terminerons cette soirée sur les coups de 1h du matin (même le temps passe plus vite ici !) et n’auront par conséquent pas vraiment pris le repos escompté. Mais qu’importe, nous quittons sans regret cette fourmilière pour regagner un endroit qui devrait s’avérer plus calme si l’on en croit son nom: la Death Valley. Ps : un grand merci encore à Jonathan et Guadalupe pour les deux nuits confortables au MGM, qu’ils ont eu la gentillesse de nous offrir après les avoir gagné à un jeu concours. Nous avons réussi le défi de regagner notre chambre dans cette immensité déroutante ^^

Jour 13 – Surchauffe

Après l’agitation « végasienne », nous retrouvons un peu de quiétude, et c’est peu de le dire, à l’arrivée dans la Death Valley. Nous comprenons vite l’intitulé de ce nouveau parc : ici, le désert à perte de vue, aucune flore ni aucune faune décelable à l’horizon. L’environnement est hostile de par sa sécheresse et par les températures quasi-insoutenables. Le thermomètre montera jusqu’à 55 degrés à l’ombre… A ce tarif-là, pas de trail aujourd’hui ! Le parc se visite en voiture avec des arrêts assez furtifs aux différents points d’intérêt. Nous faisons quelques pas et plusieurs photos avant de revenir rapidement à notre véhicule pour profiter d’une climatisation salvatrice ! Nous ferons notre premier arrêt au point le plus bas des États-Unis (-855 m), consistant en une vaste étendue recouverte d’amas de sel. La paysage est presque lunaire, et sur certains endroits, d’un blanc éclatant. Nous suffoquons rapidement sous l’effet de la chaleur. Le vent souffle par intermittence, mais il s’agit de rafales brûlantes qui ne font qu’accentuer le ressenti caniculaire. La vallée porte décidément bien son nom : aucune forme de vie humaine n’est constituée pour résister à de telles conditions ! Après quelques autres points de vue sur des paysages tout aussi arides, nous aurons la surprise de découvrir une partie du parc à l’aspect bien spécifique. En effet, sur une portion de celui-ci se tiennent des dunes de sable fin, dont la douceur tranche avec la rugosité des pierres de sel rocailleuses. De même, leur couleur blond-doré contraste avec le gris-blanc dominant aux alentours. La diversité et la beauté se retrouvent donc même aux confins du désert ! Vers 16h, il est déjà temps de repartir. 4h de route nous attendent vers notre prochaine destination. Malheureusement, c’était sans compter les péripéties auxquelles nous allions être confrontés… La Death Valley est immense. Il faut compter une bonne heure et demie avant d’en ressortir et d’arriver dans le premier petit village. Après environ 45 minutes de trajet, la voiture commence à montrer des signes très inquiétants. Déjà, lors de notre arrivée à Badwater, un signalement était apparu sur le tableau de bord avec une absence de réponse aux niveaux des commandes (levier de vitesse et pédales) : préoccupant mais plus de peur que de mal, après avoir éteint et rallumé la voiture, le problème était réglé. Cependant, un pépin n’arrivant jamais seul, cette fois-ci, le rapport s’affole même lorsque nous sommes sur du plat, et nous n’arrivons bientôt plus à dépasser les 50 km/h (alors que la vitesse est limitée à 110). Brusquement, le moteur se met à gronder et l’habitacle est pris de fortes vibrations. Une odeur nauséabonde comme à se faire sentir. Nous nous arrêtons rapidement sur le bas-côté, avec appréhension. Nous nous trouvons au milieu de nulle part, et ne pouvons envisager de rester en plein soleil plus de quelques minutes (et il ne faut pas penser à se mettre à l’ombre, ce concept n’existe pas ici-bas ^^). Julian a la bonne idée d’ouvrir le capot et de poser quelques serviettes légèrement mouillées pour essayer de « refroidir » un peu le moteur brûlant, ce qui n’est pas une mince affaire si vous vous rappelez la température extérieure mentionnée plus tôt… Nous attendons patiemment quelques minutes sous le soleil de plomb, puis refermons le capot et remontons en voiture pour retenter notre chance. Les prochains kilomètres seront assez angoissants. Nous sentons que notre voiture n’a pas la forme et roulons toujours très en-deçà des vitesses autorisées. Les côtes sont particulièrement éprouvantes (et malheureusement très nombreuses dans cet itinéraire montagneux). Nous guettons sans cesse le thermomètre en espérant de tout cœur qu’il baisse pour éviter la surchauffe du moteur. Depuis que nous avons repris la route, nous n’avons pas remis la climatisation pour la même raison. Nous souffrons de la chaleur mais tenons bon. Enfin, très progressivement, la température va baisser (très relativement, puisqu’elle sera toujours à 38 degrés à l’ombre 3h plus tard). Les routes se font moins pentues, la voiture commence à retrouver une meilleure vitalité. Au bout de 2h30, nous parvenons à revenir à une vitesse correcte. Que d’émotions inattendues encore aujourd’hui, pas des plus agréables, mais nous sommes sortis d’affaire pour le moment. Quel soulagement ! Après ce « coup de chaud », on espère tenir le choc jusqu’à la fin du voyage…tous les trois ! ^^

Jour 14 – Into the wood

Nous avons récupéré un compagnon de route, Jonathan (le frère d’Anna, pour ceux qui aurait oublié), pour le weekend. Changement de décor : fini le désert et le soleil omniprésents, place à la nature verdoyante avec son cortège de rivières, d’arbres et d’animaux. En premier lieu, nous découvrons le royaume des séquoias géants : le Séquoia National Park. Nous retrouvons le plaisir de randonner au milieu de sentiers ombragés, ce qui rend l’effort beaucoup moins éprouvant. Nous avons réalisé plusieurs trails à bonne allure (comme toujours !), et Jonathan a bien suivi le rythme (même si la fatigue s’est fait sentir en fin de journée ^^). Nous avons notamment fait une ascension sur le Moro Rock, nous offrant à l’arrivée un beau point de vue sur tout le parc. Il faut toutefois mériter celui-ci, puisque 400 marches séparent le départ du sommet ^^. Par la suite, nous irons à la découverte du parc sans réelle direction précise avant de retrouver une autre randonnée, le « Congress Trail ». Ce dernier nous a fait découvrir des séquoias particulièrement impressionnants, aux noms de politiciens. En effet, un petit groupe dénommé « The Senate » précède le célèbre « The Président », deuxième plus gros Séquoia du parc, seulement devancé par « The General Sherman » dont les mensurations atteignent 83 mètres de hauteur, 11 mètres de diamètre pour un volume total de 1487 mètres cubes (en faisant l’arbre le plus volumineux du monde !).

Jour 15 – Repos forcé !

Aujourd’hui le programme était simple : Yosemite National Park. Nous avions prévu une petite marche d’une heure aller-retour pour gagner des chutes d’eau où nous aurions pu faire une petite baignade. Le planning était allégé en raison du départ de Jonathan tôt dans la journée. Finalement, notre petit plan sympathique a rapidement tourné au vinaigre. En effet, bien en amont du parc, nous avons tout d’abord dû faire demi-tour après plus de 30 minutes de route dans un épais nuage de fumée. Un incendie se propageait sur une portion de Yosemite. Qu’à cela ne tienne, nous optons pour une route alternative contournant cette localisation. L’issue ne sera guère meilleure. Après 1h de trajet pare choc contre pare choc, nous décidons de rebrousser chemin après avoir vu des panneaux indiquant « parkings complets ». Par ailleurs, nous pensions dormir dans un camping du parc sans réservation préalable le soir-même. Ce second plan est donc du même coup tombé à l’eau. S’est donc posée la question de chercher un nouveau lieu pour passer la nuit. Nous trouvons une borne wifi (avec une réception assez mauvaise) pour pouvoir écumer les éventuelles places disponibles dans les campings aux alentours. Peine perdue, c’est le weekend du 4 septembre (jour férié aux usa) et les américains (auxquels s’ajoutent les touristes bien sûr !) se sont vraisemblablement tous donnés rendez-vous dans la région de Yosemite… Finalement, nous n’avons d’autre choix que de nous rabattre sur un petit hôtel situé à deux heures de route. Nous avions pensé à tenter de trouver une rivière au bord de laquelle passer l’après-midi (déjà bien avancée), mais, épuisés par le voyage et les mésaventures des derniers jours, nous avons finalement opté pour…une sieste ! Bref, première journée « sans » du voyage, mais on espère bien conquérir les sentiers de Yosemite demain ! Suite au prochain épisode…

ps :

Les deux images retracent notre parcours depuis Los Angeles. Nous ne pouvions pas condenser l’ensemble de nos escales sur une même image. La première est donc le voyage depuis Los Angeles jusqu’à Richefield et la deuxième le trajet depuis Richfield jusqu’à Merced.

Total = 3 548km, auxquels s’ajoutent au moins 500km pour les trajets à l’intérieur des parcs (soit une moyenne de 266km par jour) + les nombreux km de trails ^^

Jour 16 – Trails en cascade

Après une journée de repos dont nous avions bien besoin, le départ pour Yosemite s’est fait à la fraîche (6:00), afin d’éviter les embouteillages de la veille. Le plan s’est avéré payant puisque nous n’avons pas eu de ralentissements jusqu’à notre destination. Nous voilà donc au sein de Yosemite Valley Village, il est 8:30. Nous voulons attaquer fort cette journée et prenons donc un petit déjeuner pour faire le plein d’énergie. Nous avions repéré un célèbre trail du nom de « Four Miles trail » et mettons le cap sur celui-ci. Le descriptif met en garde, ce ne sera pas une balade de plaisance : 4,8 miles aller (d’où son nom, soit 7,7 km), avec un dénivelé de 975 mètres continu pour atteindre le Glacier Point (que vous pouvez voir sur notre photo). Mais rendez-vous est pris, et qui plus et, nous restons sur notre faim de la journée d’hier. Nous nous présentons donc devant le panneau de départ à 10:20 et suivons un groupe de marcheurs démarrant sur les chapeaux de roues. Après avoir marché sur leurs pas pendant 10-15 minutes, nous les dépassons et haussons le rythme. Allez savoir quelle mouche à piqué Anna (je soupçonne un esprit de compétition vis-à-vis du groupe qui ne me déplaît pas non plus ^^), le trail part sur des bases très très élevées. La côte est en effet continue et ne vous laisse pas le temps de reprendre votre souffle. Le sol est constitué de terre et de grosses roches rajoutant de la difficulté là où il n’y en avait pas nécessairement besoin ^^. Nous faisons l’ascension presque à bloc et passons en revue un très grand nombre de marcheurs qui doivent s’interroger sur notre look (basket, short de piscine, trépied à la main, pas de bâton…). Où est passée la panoplie du parfait randonneur ? ^^ Aujourd’hui le mental outrepassera le matériel et nous finirons cette ascension éprouvante en 1h35 !!! Le cœur aura été mis à rude épreuve, les oreilles auront été bouchées par moment en raison du changement d’altitude et bien sûr l’air se sera fait de plus en plus rare mais quel temps ! Je me doutais qu’au tempo pris par Anna nous n’allions pas faire les temps indiqués (3-4 heures), mais pas dans une telle mesure. Nous étions tous les deux surpris et super enthousiastes. Tant et si bien que nous décidons d’enchaîner sur d’autres trails que nous avions mis au départ de côté en raison de la distance et des délais mentionnés. Mais au vu de notre état de forme, ni une ni deux, nous nous lançons à l’assaut du « Panorama trail », regroupant pas moins de quatre randonnées. Longueur : 13,4 km, avec un dénivelé négatif de 1215 mètres et un dénivelé positif total de 240 mètres. Le tracé paraît alléchant, avec un passage par quatre chutes d’eau. Les premiers kilomètres se font encore une fois à bonne allure (on ne voulait pas rentrer après la tombée de la nuit) et le passage à une marche en descente soulage dans un premier temps nos jambes. À la vue d’une rivière bien fraîche, j’en profite pour aller prendre un bain saisissant afin de palier la surchauffe de la montée du Four Miles trail. C’est chose faite, il est temps de repartir. Je laisserai la température ambiante me sécher pendant les prochains kilomètres ^^. Nous arrivons enfin à la première chute (« Illilouette fall ») et le spectacle est au rendez-vous. Nous sommes au sommet de la chute et pouvons observer au plus près l’eau se jeter dans le vide. Les trois chutes qui suivront seront tout aussi impressionnantes. Le fait de descendre depuis de nombreux kilomètres commence toutefois à vraiment mettre nos jambes à rude épreuve et ce n’est pas le dernier trail qui viendra nous sauver. En effet, il faut à présent jouer les équilibristes et marcher sur des roches très lisses pour regagner le bas de la vallée. Après de longues minutes de marche instable, nous bouclerons enfin notre dernier trail, pas mécontents de tout ce que nous venons de parcourir. Quelle journée ! Nous aurons en tout parcouru 21 kilomètres en 5h35 (contre 9h minimum annoncées « sur le papier »). Il faut croire que les entraînements précédents sous des températures désertiques ont réussi aux randonneurs novices. Nous sommes nous-même étonnés… mais un petit épuisés aussi, il faut le dire. Une bonne nuit de sommeil sera la bienvenue (pas gagné en camping ^^)

Jour 17 – Brume, moucherons et cie

Dernière matinée à Yosemite.

Nous nous réveillons sur les coups de 8h00, ce qui relève de l’exploit en camping étant donné tous les bruits ambiants.

La fatigue de la veille à probablement dû nous aider à dormir si longtemps (nous nous étions couchés à 21h30 la veille).

La nuit a été meilleure que celles passées dans le désert, le sol de la forêt étant bien plus moelleux (tout est relatif ^^).

Nous avons programmé très peu de marche ce jour, seulement pour aller voir quelques points de vue autour de « Yosemite Village ». Bien nous en a pris, car si les jambes étaient étonnement légères au réveil, au bout de quelques mètres nous sentons le contrecoup de notre escapade vigoureuse de la veille… et cela ne s’arrangera pas au cours de la journée ^^.

Le temps est très couvert aujourd’hui, par un mélange de fumée en provenance d’un incendie (pourtant assez lointain) et de nuages. Un manteau brumeux enveloppe donc le paysage et les photos donnent peu de résultat. A cela s’ajoutera une compagnie dont on se serait volontiers passé : les moucherons. Une vraie plaie ! Si la veille, du fait de notre rapide ascension, nous avons réussi à nous en débarrasser, aujourd’hui il n’en est rien. Dans la vallée, ils sont quasi omniprésents autour de vous par hordes et vous avez beau vous agiter dans tous les sens, c’est peine perdue. Seule solution envisageable pour remédier à ce problème, faire comme un monsieur que nous avons croisé sur notre chemin qui portait un masque d’apiculteur (si, si, véridique, un fléau ces moucherons qu’on vous dit). Nous parviendrons tant bien que mal à nous frayer un chemin parmi ces petites bêtes. Notre petit tour terminé, la pluie s’invite sur la vallée.

C’est donc sans regret que nous quittons celle-ci vers notre prochaine destination, si ce n’est celui de ne pas avoir vu d’ours (un mal pour un bien nous direz vous ^^). Une fois n’est pas coutume, nous avons une longue route (4h30) devant nous …

Jour 18 – Sortie pluvieuse, sortie heureuse

Nous sommes au lac Tahoe, considéré comme le plus beau de ce grand pays. Effectivement, il honore sa réputation : une étendue d’eau transparente, aux reflets émeraude, cerclée de montagnes vêtues d’une multitude de pins.

Les paysages américains sont décidément divers et fabuleux. Etant donné sa superficie (105 kilomètres de côte), nous privilégions les plus belles vues de celui-ci. Nous optons en priorité pour Emerald Bay, dont l’écrivain Mark Twain (vous ne le connaissais pas ? Nous non plus ^^, mais on vous fait partager un peu de culture), en disait qu’elle représentait la plus belle vue que la Terre puisse offrir. En effet, le spectacle est au rendez-vous. Il s’agit d’une petite crique entourée de part et d’autres par une épaisse forêt, laissant apparaître un petit îlot au centre et des montagnes en arrière-plan. Nous prendrons quelques photos et profiterons de la quiétude de l’endroit. Nous bénéficions de belles éclaircies le matin, et en profitons pour goûter l’eau. Pour cela, nous nous sommes rendus dans un autre lieu symbolique : Sand Harbor. L’eau y est particulièrement translucide, ce qui rend l’endroit très prisé (il faut payer un droit d’entrée pour y accéder). De nombreux rochers peuplent cette petite baie, venant tâcher magnifiquement la vaste étendue bleue. Il est temps de sauter à l’eau, bien que les panneaux annoncent une température « extremely cold ». Figurez vous que finalement, elle nous surprend agréablement par sa douceur. Pas de comparaison possible avec la saisissante fraîcheur des rivières de Yosemite ! Nous entamons tout de même une petite promenade par la suite pour nous réchauffer (toujours peu de kilomètres ce jour, nous sommes encore en phase de récupération ^^). Mais rapidement, le temps se gâte. Heureusement, nous avions retenu la leçon avec les derniers jours pluvieux et disposons de l’équipement adéquat cette fois-ci !

Enveloppés dans nos k-way, go-pro en main (il ne faudrait pas endommager notre précieux appareil photo, garant de tous nos souvenirs…), nous continuons nos clichés. La disparition du soleil induit d’ailleurs de belles surprises avec une lumière nouvelle, des sillages se formant à la surface de l’eau jusque-là d’un calme olympien, des oiseaux formant des nuées très basses au-dessus du rivage… Nous arriverons même à capturer quelques éclairs qui viendront zébrer le ciel, accompagnés de grondements sourds. Les rafales de vent s’intensifiant, nous finissons par regagner notre voiture, satisfaits de cette nouvelle journée, qui malgré le temps, nous a encore pleinement comblés dans notre soif de découverte. Allez, c’est reparti pour la route, la fin de l’aventure dans l’ouest américain est proche…

Jour 19 – Black is black

Poursuite du changement climatique : nous quittons la pluie pour un temps plus clément.

En contrepartie, le thermomètre continue à baisser. Nous avions pourtant choisi un lieu où les chaleurs peuvent être extrêmes : le Lassen National Volcanic Park.

Toutefois, l’activité volcanique est éteinte depuis un bon moment, comme en témoigne la fraîcheur ambiante. Les 15 degrés maximum atteints dans la journée nous paraissent bien légers après s’être acclimatés au désert quinze jours durant.

Nous démarrons par une partie assez reculée du parc, abritant une particularité géologique. Elle se caractérise par un sol recouvert de cendres et par des monticules de lave agglomérés en roches de couleur ébène. Néanmoins, ce site d’exception, comme beaucoup d’autres, se mérite. Il requière en effet d’engager son véhicule sur un chemin de terre semé d’embuches. L’heure est venue de vérifier la résistance de notre fameux 4×4 à l’américaine. Après 10 kilomètres de secousses et de conduite à une allure très prudente (nous avons des antécédents !), nous touchons enfin au but.

Il faut ensuite emprunter un chemin à pied, qui ne sera pas non plus une sinécure. En effet, le sentier est ensablé (mélange de terre et de cendres), et cette couche granuleuse se fait de plus en plus épaisse à mesure que nous avançons vers le Cinder Cone (cône de cendre), dont nous effectuons l’ascension. Du pied de la montagne jusqu’au sommet, chaque pas s’enfonce, ralentissant notre rythme. L’impression de surplace est fréquente et fatigante au plan physique comme psychologique. De plus, le vent s’invite dans notre périple et décide de nous compliquer la tâche en se présentant de face.

Cependant, nous ne sommes pas adeptes du renoncement et bientôt le sommet s’offre à nous avec une de ces vues qui vous font oublier instantanément les douleurs musculaires. Devant nous, un décor singulier (l’ouest américain nous aura étonnés jusqu’au bout !), constitué de collines de pins tout ce qu’il y a de plus ordinaires, au milieu desquelles se dessinent des « lava beds » (lits de lave). Il s’agit de sorte de dunes aux tons divers et superbes (noir, rouge, orange, jaune, or…). Le soleil a décidé de jouer à cache-cache, nous révélant toutes les nuances de cette palette naturelle selon les jeux d’ombre et de lumière.

Mais c’était sans compter la colère du vent, peut-être quelque peu déçu de ne pas être parvenu à nous faire rebrousser chemin. Les rafales sont puissantes et déstabilisantes, si bien que les photos sont difficiles à réaliser. Julian dira même adieu à son chapeau, pourtant bien vissé à son large crâne (selon ses dires ^^). Quant à moi, j’ai disparu sous mon cher k-way…

Nous persévérons tout de même en s’armant de patience pour profiter de chaque trou d’air offert (que ne ferions-nous pour quelques clichés ^^), avant de redescendre par un chemin tout aussi instable. Je ferai d’ailleurs une belle glissade sur le sable (c’est de coutume chez moi me direz-vous après l’incident du paddle, et bien oui, vous connaissez à présent une de mes principales qualités : l’équilibre ^^).

Arrivés à la base du fameux cône, Julian n’en démord pas dans sa détermination à retrouver son précieux chapeau (je tiens à souligner le coût modique dudit couvre-chef, mais que voulez-vous, monsieur est sentimental…). Je dois dire que je ne croyais guère à un tel sauvetage, à l’instar de celui du vélo d’Élancourt (pour ceux qui connaissent l’anecdote…). L’histoire se répète, ce n’était pas un au revoir: perché au niveau du tiers inférieur de la butte, mais évidemment en dehors du tracé de la montée, il est là !!

J’avoue avoir pris un malin plaisir à observer Julian grimper à quatre pattes jusqu’à son précieux sésame, fier de son exploit (et surtout de m’avoir donné tort), au vu de son large sourire.

Tout est bien qui finit bien, encore une journée riche en dépaysement et en moments forts. Je redoute néanmoins la nuit glaciale qui s’annonce pour notre dernier camping…

Jour 20 – Souffr…ance

Les craintes de la veille étaient bien fondées, la nuit a été plus que fraîche. Arrivés en fin d’après-midi, nous avions pu monter la tente sous les derniers rayons de soleils et aller prendre une bonne douche. La nuit tombée, nous sentons que la nuit ne va pas être des plus confortables. 20h00 et déjà, le froid est saisissant et accentué par une forte brume.

Nous nous préparons donc à affronter cet adversaire. Nous sortons enfin la couverture achetée spécialement pour Anna sur mon insistance (Monsieur n’est pas sentimental qu’avec ses chapeaux ^^). Polaire enfilée et sacs de couchage fusionnés, nous pensons limiter la casse. Grossière erreur une nouvelle fois. Anna sera gelée toute la nuit, et ce ne sont pas nos 2 aller-retour aux toilettes du camping qui l’auront réchauffée. Je dois dire que même moi, qui ne suis pas frileux d’ordinaire, claquais des dents (oui bon, le tee-shirt et le fameux short de piscine n’étaient peut-être pas les meilleurs alliés pour lutter contre ces conditions ^^). La nuit aura donc été particulièrement éprouvante et nous filerons à la hâte au petit matin nous réfugier sous les chauds rayons de soleil en bord d’un lac. Le pire est derrière nous, nous pouvons à présent penser à notre dernière journée dans le Lassen Volcanic National Park. Si la journée précédente avait été consacrée à une zone éteinte, aujourd’hui, nous irons voir la partie volcanique en activité du parc. Direction Bumpass Hell, le point d’intérêt le plus célèbre de ce dernier. Mais sur la route, un petit lac m’appelle. Tout beau et transparent au pied d’une montagne, il n’attend que moi. Allez, c’est reparti pour mon petit moment trempette ^^. Petit, c’est peu dire ! Aussi saisissant qu’à Yosemite, je ferai une petite longueur, jetterai deux trois coups d’œil pour admirer le panorama et ressortirai aussitôt. Le départ du trail pour Bumpass Hell situé à 5 minutes tombe à pic, j’ai bien besoin de me réchauffer, tout comme Anna qui ne s’est toujours pas remise de la nuit. 2,5 kilomètres pour atteindre notre but. Pas de difficulté particulière à l’horizon. Parfait pour une petite balade matinale. Pas besoin de panneau pour indiquer l’arrivée, vous la sentez bien en amont. Une douce odeur d’œuf pourri vient vous chatouiller les narines. Que du bonheur à 9h00 du matin ! Bumpass Hell est en effet une partie du parc où se côtoient mares de boue, sources bouillonnantes, geysers et fumerolles. L’émission de soufre y est donc particulièrement importante. L’après-midi, nous devions simplement admirer un dernier de ces bassins, « Sulphur works » situé non loin de là. Néanmoins, Anna est tentée par un dernier trail pour clôturer notre parcours de randonneurs. Si la distance paraît raisonnable (3,6 kilomètres aller-retour), le dénivelé est important. Après la courte nuit que nous venons de passer, la pente nous donne quelques difficultés. Nous parviendrons tout de même à la surmonter, aboutissant à un lac d’une belle couleur émeraude semblable à celui découvert le matin-même. Pourtant cette fois, étrangement, un nouveau plongeon ne me tente pas vraiment… ^^ Nous retournons ensuite tranquillement à notre voiture (la descente est plus facile !) et devons nous résoudre à quitter ce dernier parc naturel. Nous n’aurons, lors de cette dernière escapade, toujours pas croisé le fameux « black bear », symbole de la Californie. Maybe next time…

Jour 21 – San Franciscoooo

Nous sommes arrivés à Petaluma, dans la banlieue de San Francisco, chez ma tante Nadine. Un weekend de visites en famille s’annonce ! Samedi, nous prenons le ferry à Sausalito pour gagner le port de San Francisco. La traversée est agréable et nous offre de beaux points de vue sur la ville, ainsi que sur l’île surplombée par la célèbre prison d’Alcatraz, où encore sur le Golden Gate. Toutefois, comme très souvent ici, la brume est de la partie, gardant secrète une partie du paysage sous un voile mystérieux. Nous passerons par les « incontournables » avec une balade sur le port numéro 39 et ses pontons assaillis par les phoques venus se faire dorer la pilule, parfois après de vraies batailles de territoire avec un de leur congénère… Nous ne pourrons échapper également à un trajet en « cable car », le tramway californien, défiant les pentes abruptes de la ville (nous sommes contents de ne pas être au volant d’une voiture avec levier de vitesse ici !). Nous finirons la soirée avec un magnifique panorama sur la ville illuminée – gratuit qui plus est – l’avantage d’être avec des connaisseurs… Dimanche, nous faisons une grasse matinée (bonheur…!) pour se remettre sur pieds et pouvoir apprécier une nouvelle journée familiale. Nous restons sur Petaluma, la journée est magnifique et la chaleur nous ramène quelques semaines en arrière. Il est temps de refaire les bagages et un brin de ménage dans la voiture de location (elle témoigne du long périple accompli, et ce n’est pas très beau à voir !).

Aujourd’hui, nous reprenons l’avion, mais pas encore pour revenir (on veut faire durer un peu le plaisir…). Oui, oui, pas superstitieux, nous avons un vol pour New York un 11 septembre.

Jour 22 – La grosse pomme

Ça y est : la voiture de location est rendue, finis les kilomètres sur l’asphalte, les trails en folie, les nuits agitées du camping, les collations frugales et les bagages à reboucler chaque soir.

Nous entamons la partie « reposante » du voyage et comptons bien nous refaire une petite santé pour un retour en douceur…

SAUF QUE, décidément, les rebondissements ne manquent pas dans ce périple !

A commencer par notre vol.

Le décollage était prévu à 23h25. Nous étions très en avance, ayant dû rendre notre voiture à l’aéroport pour 16h30.

Installés à la porte d’embarquement, nous nous inquiétons de ne pas voir notre heure d’embarquement affichée, alors qu’il est près de 22h. Après être remontés voir le tableau d’affichage, nous découvrons que notre vol est retardé à 00h58.

Nous prenons notre mal en patience, bien que la fatigue commence déjà à se faire sentir, liée au manque de sommeil des dernières semaines accumulées.

A 00h30, toujours pas d’embarquement, nous sentons que le vol ne partira pas à la deuxième heure indiquée.

Confirmation après un nouvel aller-retour jusqu’au panneau d’affichage : le décollage est cette fois prévu à 1h38. Les yeux commencent à picoter, mais pas le choix, l’attente se prolonge.

Finalement, l’avion quittera le terre-plein à 2h du matin passées.

Après un sommeil très entrecoupé, nous attirerons finalement à New York à 10h30.

Le temps de récupérer les bagages, prendre le métro et après avoir fait de petites courses, nous nous rendons à l’adresse indiquée de notre logement « airbnb », pressés de poser nos lourdes bagages (nous transportons nos affaires pour le mois de voyage, dont la lourde tente bien sûr !).

Nouvelle déconvenue cependant… A l’adresse dite, le nom du propriétaire n’apparaît sur aucun interphone. Les habitants que nous croisons ne connaissent pas ce nom.

Nous nous rappelons, la boule au ventre, que nous avions hésité à sélectionner ce logement car aucun locataire ne l’avait encore investi – les commentaires étaient donc inexistants.

Nous craignons fortement l’arnaque…

De plus, nous n’avons pas d’accès internet à l’étranger, donc pas de contact possible avec le propriétaire. Le stress et la perplexité montent encore d’un cran.

Heureusement, un habitant de l’immeuble très serviable nous communique son code wifi. Nous réussissons à trouver le numéro du propriétaire. Après de longues sonneries, il décroche enfin. Le numéro de l’adresse était apparemment erroné, le logement se situe deux immeubles plus loin.

Ouf ! Nous avons bien cru devoir descendre dans un des hôtels new-yorkais au prix exorbitant et engager des démarches de remboursement avec airbnb. Nous avons tout de même perdu une bonne demie heure dans l’histoire, mais la journée n’est pas finie…

La suite sera bien plus agréable, avec une visite du quartier de Brooklyn où nous logeons, une traversée du magnifique pont réservé aux piétons et cyclistes, puis une ballade autour du mémorial du 11 septembre suivie d’un détour dans le quartier de Wall Street, emblème de la finance internationale.

Nous avons terminé la journée par un plat de pâtes, puisque nous disposons d’une cuisine.

Ça nous avait manqué !!!

Jour 23 – La tête dans les nuages

Journée new yorkaise bien remplie ! Nous avons démarré par une vue de premier choix, en montant au 82ème étage de l’Empire state building. Nous avons ensuite fait une promenade dans le quartier, avec notamment une traversée de Times Square, place célèbre pour ses écrans de publicité de tous types et de toutes tailles.

En fin de journée, changement d’environnement au travers du quartier d’Harlem, où nous espérons pouvoir écouter un gospel. Nous ignorions alors que cela occasionnerait quelques sueurs. Retour sur l’une de ces anecdotes dont regorge ce voyage (nous n’espérions pas être en mesure de vous en livrer autant !).

Nous arrivons à l’église préalablement sélectionnée pour assister à la messe de 19h. Craignant la foule, nous nous présentons devant l’entrée à 18h30. Nous avons pris soin de respecter le « dress code », interdisant les shorts, comme nous l’avions appris en parcourant un site internet.

Nous n’étions malheureusement pas au fait d’une seconde règle : pas de sac à dos à l’intérieur du bâtiment. Nous demandons évidemment à pouvoir laisser nos effets personnels à l’entrée, mais le vigile ne veut rien savoir.

Julian, qui a comme vous le savez un caractère (le plus souvent ^^) regorgeant de qualités, propose d’emblée que j’y aille seule. Ce que bien sûr je refuse, ayant à cœur de partager cette expérience avec lui. Nous rebroussons chemin et pour moi l’affaire est réglée : nous n’assisterons pas à un gospel lors de ce voyage (le seul autre jour possible aurait été le dimanche, mais nous serons déjà repartis). Mais c’est à ce moment que Julian a dégainé un autre de ses atouts : la détermination. Nous avons un sac, pas de problème, nous allons trouver un endroit pour le déposer ! Il propose de demander dans un bar, mais cela paraît délicat et nous ne sommes pas sûrs de retrouver l’ensemble des objets que nous confions (dont l’appareil photo et le trépied…).

Il envisage ensuite la solution d’un hôtel. Il est déjà 18h40, le temps presse. Nous voyons un mac Donald’s, dont nous nous rapprochons pour trouver de la connexion et pouvoir ouvrir booking. Nous trouvons l’hôtel le plus proche et pressons le pas en sa direction. Déjà 18h50 quand nous franchissons les portes, et une dame devant nous au guichet… Enfin, après quelques minutes de plus, les sacs sont en lieu sûr et nous repartons en trombe vers l’église. A l’arrivée, plus qu’une messe, un véritable concert avec des voix d’une puissance remarquable à nous donner des frissons, un accompagnement musical du même niveau, et surtout une ferveur communicative. Nous sommes bluffés ! Nous retournons ensuite dans le quartier précédent. Nous souhaitons voir New York « by night », et pour cela, monter au sommet du Top of the Rock, autre building incontournable, à quelques rues seulement de l’Empire state. Là encore, nous avons bien cru devoir renoncer ! Nous passons les contrôles de sécurité en indiquant que nous avons un couteau (type opinel, le réflexe du campeur, bien pratique pour couper les fruits…). Nous étions convaincus que cela ne poserait aucun problème, et que comme dans l’Empire le matin même, nous pourrions le laisser à la sécurité le temps de faire notre petit tour. Que nenni, building différent, politique différente ! On nous prend à part et on nous explique qu’un agent ne peut prendre la responsabilité de garder notre petit couteau… 3 choix nous sont proposés : 1/ revenir le lendemain. Avec notre planning chargé et le chemin que nous venons de faire, nous expliquons que cela ne va pas être possible. 2/ monter l’un après l’autre. Évidemment nous écartons aussi cette proposition. 3/ sortir, cacher notre couteau quelque part, et le récupérer à la sortie. C’est donc cette dernière alternative pour laquelle nous optons. A peine sortis, nous repérons un plot de signalisation. Le plus discrètement possible (pas évident dans une rue aussi passante !), Julian le glisse dessous.

Retour en sens inverse pour gagner les étages du building. Le panorama valait bien ce petit contretemps. New York de nuit est encore plus belle (les grues ont disparu ^^) et offre une vue imprenable sur l’Empire state illuminé.

Nous avons fini par une nouvelle balade sur Times Square, dont les lumières sont encore plus impressionnantes à une heure tardive, donnant l’impression d’être en plein jour !

A très vite pour de nouvelles aventures, que l’on espère, on vous l’avoue, un peu moins mouvementées !

ps : pour ceux qui se demanderaient, le couteau était toujours sous le plot à la sortie du building 😉

Jour 24 – Let’s go Yankees, let’s go !

3ème jour à New York. Le réveil est un peu difficile en raison de notre escapade nocturne de la veille (le Gospel). Les yeux à peu près ouverts, nous embarquons à bord d’un ferry en direction de la statue de la liberté. Le trajet est plutôt court et agréable…pas de mal de mer à l’horizon ^^. L’ancre jetée (ou plutôt les cordes attachées), nous explorons le petit îlot sur lequel est posée la statuette du jour. De près, elle est effectivement bien plus grande que notre réplique parisienne. La vue de Manhattan est plutôt sympathique et ne nous invite donc pas à faire la queue pour monter à l’intérieur de la statue (qu’on se le dise, notre pass ne nous en donnait de toute façon pas l’accès ^^). Nous repartons à l’abordage direction une île voisine dénommée Elis Island, sur laquelle nous en apprendrons davantage sur les États-Unis et leur passé d’immigration. Effectivement, un musée retrace l’histoire de millions de personnes arrivées d’Europe par cette petite île. La visite fut très agréable mais le temps presse, un grand moment nous attend. Afin de ne pas revivre la même mésaventure que la veille, nous décidons de repasser par notre logement pour y déposer nos sacs. Il est temps de partir, 1h de métro nous attend avant d’arriver à destination. Quelques casquettes et tee-shirts commencent à trahir l’événement auquel nous allons assister… Nous y sommes : station 161th, Yankee Stadium ! Et oui ce soir, c’est le grand soir ! Match de l’équipe locale de baseball (les Yankees) à domicile. Et bien évidemment, en passionné de sport que je suis, je ne pouvais pas louper cette occasion. Et voilà Anna embarquée dans cette affaire ^^. Il y a pas mal de monde aux abords du stade, mais à notre grande surprise, une fois à l’intérieur, celui-ci est peu rempli. Nous étions, il faut le dire, un peu en avance sur l’horaire de début de match, et les gradins se rempliront au fil de la soirée. Nous passons devant les innombrables fast-foods (une forte odeur de friture a déjà emplie tout l’espace) et boutiques, afin de trouver notre emplacement. Nous devons monter pas mal d’escaliers et sommes légèrement inquiets sur la vue dont nous bénéficierons… Quelques minutes après, l’inquiétude est levée, notre position est top ! Nous voyons bien les protagonistes du jeu et sommes prêts à les observer en action (horaire de début de match = 19:05). L’expérience sera géniale et les Yankees mettront une belle raclée aux visiteurs (l’équipe des Orioles). Nous assisterons à de beaux Home-Run (situation dans laquelle la balle est envoyée en dehors du terrain). Nous regretterons un brin le manque d’ambiance à certaines phases du match. Mais cela ne gâchera pas le moment ^^. Pffffiou, que les journées sont longues (ou trop courtes, on ne sait plus…). Encore une qui ira bien au-delà des douze coups de minuit. Mais encore une fois, cela valait nettement le coup !